Erreur
  • Échec du chargement des données du flux

Formation professionnelle : les enseignants se sont exprimés. La CGT porte leurs attentes…

Courant février, la CGT Enseignement Privé a lancé une campagne sur la formation des personnels des établissements privés. En complément d’un « 4 pages spécial formation » concernant tant les personnels de droit privé que les enseignants, nous sommes intervenus lors de l’assemblée générale de Formiris, notamment pour en dénoncer la gestion des fonds publics. Nous avons alerté par courrier le Ministère de l’Education Nationale (MEN) à ce sujet.

Vous pouvez retrouver sur notre site ces différents documents ainsi que les résultats complets de l’enquête. (voir ici les chiffres de l'enquête)

Nous avons en parallèle lancé une enquête inédite à destination des enseignants pour entendre leur ressenti sur leur parcours de formation. En une semaine, près de 1300 enseignants ont répondu, signe qu’ils s’intéressent à la problématique de leur formation notamment continue. L’échantillon est représentatif.

Le premier constat est positif : les enseignants ont facilement accès à l’offre de formation proposée par les différents organismes, et ont suivi un nombre relativement important de formations au cours de leur carrière (42% des collègues ont suivi plus de 5 formations).

Il est tout de même à nuancer quand on voit que sur près de 15 ans de carrière en moyenne, cela ne représente  que moins d’une formation tous les 3 ans. Lorsque l’on sait que les formations durent généralement entre 1 et 3 jours, nous sommes bien loin de la revendication de la CGT de consacrer 10% du temps de travail en formation continue. Alors d’où vient le problème ?

La qualité des formations réalisées est aussi un motif de satisfaction : 69% des sondés considère que les formations auxquelles ils ont assisté sont plutôt de bon niveau.  En revanche, l’offre de formation proposée aux maîtres de l’enseignement privé n’est sans doute pas adaptée à la diversité des publics, notamment à la multiplicité des disciplines. En effet, 62 % des enseignants considère que l’offre de formation n’est pas adaptée à leur discipline, et qu’elle ne répond pas aux besoins pédagogiques pour 59% des personnels.

Le fait de confier la formation des maîtres du privé à des organismes liés à l’enseignement catholique est en cause. Si l’offre de formation était totalement mutualisée avec nos collègues du public, l’ensemble des disciplines pourraient bénéficier de formation, notamment toutes les disciplines de l’enseignement professionnel, véritable parent pauvre de l’offre actuelle.

Bien pire, 80% des collègues estiment que l’offre de formation ne leur permet pas un développement personnel. Or l’intérêt des salariés devraient bien être au centre de l’offre de formation. Ce n’est manifestement pas le cas.

Le nombre relativement faible d’enseignants qui partent en formation conduit également à limiter l’offre sur quelques centres dans l’hexagone. Pour 61% des enseignants, cela entraîne des déplacements importants.  L’offre de formation parait donc inadaptée sur un plan géographique, alors même que les associations territoriales de Formiris (sans compter d’autres structures liées comme les Facultés catholiques ou les ISFEC) sont nombreuses sur le territoire !   

Les enseignants souhaiteraient pouvoir se former plus près de chez eux, plus près de leur lieu de travail. Sujet connexe, ces déplacements parfois lointains entraînent des frais. Et nous touchons là au point noir du système : les remboursements de frais. 72 % des collègues n’ont pas été remboursés de leurs frais de formation (ce qui n’est pas le cas dans le public). Alors que les salaires des enseignants sont comprimés depuis plus d’une décennie, investir dans sa propre formation est un frein. Il n’est pas rare qu’un collègue doive avancer plusieurs centaines d’euros, dont une bonne partie sortira finalement de sa poche.

Alors que les frais de fonctionnement de Formiris sont prohibitifs, il y a surement là matière à réflexion : l’argent de la formation, versée par l’Etat, doit davantage être utilisé au profit des enseignants, et notamment pour rembourser les frais de déplacement.

Autre point noir qui ressort de notre enquête : 90% des enseignants, soit la quasi-totalité, ignorent qu’ils bénéficient d’un crédit d’heures de DIF (Droit individuel à la formation). Pour rappel, ce DIF peut être utilisé par l’enseignant quand bon lui semble, pour son propre développement personnel. Ces heures cumulées ne sont pas utilisées par les enseignants, soit par méconnaissance, soit par manque de formation adaptée aux besoins des collègues. Les rectorats eux-mêmes n’en font pas la promotion. Nous avons adressé un courrier au Ministère de l’Education Nationale à ce sujet.

Plus que jamais, ces différents éléments nous confortent dans l’idée que la formation des maîtres du privé doit à nouveau être réalisée dans les mêmes structures et les mêmes conditions que celle des enseignants du public. Nous faisons le même travail nous avons les mêmes élèves, ayons les mêmes droits, la même formation, les mêmes exigences. Nous avons tous à y gagner !

Comme nous l’avions annoncé, les résultats complets vont être envoyés à Formiris et au MEN. (voir nos courriers dans la rubrique "le SNEIP interpelle"

Page 1 sur 2
   

cgt© SNEIP – CGT Enseignement Privé - 263 rue de Paris – Case 544 - 93515 Montreuil Cedex
Tél. : 01.42.26.55.20 – courriel : contact@cgt-ep.org – site : www.cgt-ep.org
Fédération CGT de l'Education de la Recherche et de la Culture